Risque cannabis

Écrit par les experts Ooreka

Le cannabis est une drogue aux propriétés psychotropes puisqu'elle agit sur le système nerveux. Les jeunes commencent souvent à se droguer en fumant quelques « joints », mélange artisanal de cannabis et de tabac.

80 % des fumeurs réguliers de cannabis consomment habituellement du tabac ; les 20-24 ans sont l'une des tranches d'âge les plus consommatrices de cannabis (12 % des consommateurs).

Risques du cannabis : du « bad trip » à la dépendance

La plupart des personnes qui consomment du cannabis en trop grande quantité, ou simplement pour la première fois, peuvent ressentir des effets désagréables, avant éventuellement d'y prendre goût, de s'accoutumer, parfois jusqu'à la dépendance.

Cannabis et « bad trip »

Dans le jargon, on dira que la personne a fait un « bad trip » quand, après avoir fumé du cannabis en quantité conséquente, elle est sujette à :

  • des vomissements ;
  • des nausées ;
  • des tremblements ;
  • une forte angoisse, des crises de panique ;
  • une confusion mentale, qui peut éventuellement mener à des actes violents, etc.

Parfois, le « bad trip » peut durer après que les effets de la drogue se soient estompés : on parle de décompensation psychiatrique, et la consultation en psychiatrie est alors indispensable.

À noter : si l'on parle souvent de « bad trip » pour le cannabis, celui-ci peut concerner toutes les drogues.

Cannabis et dépendance

Passé ce stade, le drogué peut toutefois se mettre à apprécier les effets de la drogue et chercher à les retrouver en consommant à nouveau.

La question de la dépendance au cannabis fait débat. Cela dit, il est communément accepté qu'il s'agit plus d'une dépendance psychique que d'une dépendance physique :

  • La dépendance physique au cannabis existe, mais elle serait plutôt mineure, grâce à une demi-vie (temps mis par une substance pour perdre la moitié de son activité) très longue, de l'ordre de 10 à 30 jours.
  • C'est surtout la dépendance psychologique au cannabis (ou plutôt au THC, son principe actif) qui pose problème : elle entraîne souvent des rechutes lors du sevrage et elle provoque des troubles psychologiques.

Il faut toutefois noter que consommer du cannabis à un âge précoce (entre 12 et 16 ans) augmente considérablement les risques de dépendance au tabac à l'âge adulte (risque multiplié par 8 en cas de consommation d'un joint par semaine).

Cannabis : des risques pour la santé physique et mentale

Le cannabis a un effet nocif sur la santé de l'individu. Cette nocivité concerne aussi bien le corps que le psychisme.

Effets physiques du cannabis

L'association tabac-cannabis augmente l'absorption de monoxyde de carbone et de goudron par rapport à la consommation de tabac seul. Le volume d'aspiration, la profondeur de l'inhalation et le temps de rétention de la fumée sont augmentés, avec pour conséquence une réaction inflammatoire au niveau des bronches. Conjugué au tabac, le cannabis expose donc l'organisme aux méfaits des fumées des deux produits.

Le cannabis a pour action immédiate :

  • d'augmenter le pouls ;
  • de diminuer la salivation, ce qui provoque la sensation de bouche sèche ;
  • de provoquer le gonflement des vaisseaux sanguins, à l'origine de l'« effet yeux rouges ».

À long terme, le cannabis :

  • occasionne des difficultés respiratoires importantes ;
  • augmente les risques de pneumopathies et de pathologies des voies respiratoires :
  • peut être à l'origine de problèmes d'anorexie ;
  • augmente considérablement les risques de pathologies cardio-vasculaires (l'association tabac-cannabis est particulièrement nocive) :
    • syndrome coronarien aigu,
    • AVC,
    • artérites (type maladie de Buerger) ;
  • perturbe le fonctionnement de la rétine, en ralentissant la réponse des cellules à la lumière de 10 % (soit 10 millisecondes) par rapport aux non-fumeurs.

Chez la femme enceinte, la consommation conjuguée de tabac et de cannabis augmente le risque de fausses couches spontanées, de retard de croissance du fœtus et de naissances prématurées. Aussi, le risque de naissance prématurée augmente avec le nombre de substances psychoactives consommées en fin de grossesse : augmentation de 20 % en cas de consommation de moins de trois substances psychoactives, 30 % en cas de consommations supérieure à trois.

Effets psychiques du cannabis

Chez les personnes qui fument du cannabis, on note souvent :

  • des problèmes de confusion mentale et de forte anxiété ;
  • des troubles nombreux du comportement : des cas de schizophrénie, chez des personnes présentant une prédisposition à cette pathologie, pourraient avoir été déclenchés par la consommation de cannabis ;
  • une baisse de la concentration et la mémorisation ;
  • des risques de dépression ;
  • une baisse de la vigilance ;
  • des réflexes ralentis.

À noter : la qualité de la drogue fumée ou sniffée n'est pas toujours contrôlable. En cas de mélange du cannabis avec d'autres substances fortement toxiques, il existe des risques d'intoxication grave.

Fumeur de cannabis : des risques sociaux et relationnels

Le cannabis occasionne chez les consommateurs un comportement asocial. Les relations deviennent difficiles avec son entourage : famille, amis, couple, relations professionnelles, etc.

Une tendance à l'isolement apparaît, le fumeur de cannabis abandonne petit à petit certaines activités et amis, et a tendance à rester avec les autres consommateurs. Sans s'en rendre compte, il devient un danger pour lui-même et pour les autres :

  • risques accrus s'il travaille par exemple sur des machines : manque de vigilance et réflexes ralentis après la prise de cannabis ;
  • conduite au volant dangereuse sous emprise de stupéfiants (risques pour lui-même et pour les autres) : le mélange alcool + cannabis accroît les risques d'avoir un accident, etc.

Cannabis : des risques avec la justice

Être contrôlé avec du cannabis sur soi, comme toute autre drogue et même sans en faire le trafic, est illégal. En France, l'usage de stupéfiants, de quelque nature que ce soit, est condamnable :

  • d'un an d'emprisonnement ;
  • et de 3 750 € d'amende.

À noter : à l'étranger, les peines peuvent être encore plus lourdes pour les personnes voyageant avec du cannabis sur eux (prison).

Combattre les risques du cannabis par la prévention et le dialogue

Le sevrage est une phase difficile à franchir, elle nécessite le plus souvent une aide médicale et/ou psychologique.

Il est indispensable que la personne qui fume du cannabis profite du sevrage de cannabis pour arrêter de fumer des cigarettes.

  • Si on continue à fumer du tabac (sans additif de cannabis), on peut plus facilement rechuter, car il reste la gestuelle et l'effet de manque se fait davantage ressentir.
  • De même, essayer d'arrêter de fumer du tabac et continuer à consommer régulièrement des joints de cannabis voue souvent tout le processus à l'échec.

La HAS (Haute Autorité de Santé) recommande de rechercher chez tous les fumeurs une consommation d'autres substances telles que le cannabis à l'aide du questionnaire CAST (Cannabis Abuse Screening Test) qui permet grâce à 6 questions, d'évaluer la consommation de cannabis au cours des 12 derniers mois.


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