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Chaque année, le tabagisme passif entraîne plus de 600 000 décès dans le monde.

On peut parler de différentes fumées lorsqu'on évoque les fumées du tabac : le courant principal, secondaire et tertiaire. Mais, depuis quelques années, on parle également de « fumée tertiaire » : voyons ce dont il s'agit et quels sont ses dangers.

Fumée tertiaire : qu'est-ce que c'est ?

Rappelons le vocabulaire, on parle de :

  • courant principal ou primaire : le fumeur inhale directement la fumée principale ou primaire ;
  • entre chaque bouffée, la cigarette continue de se consumer : c'est le courant secondaire qui est responsable du tabagisme passif ;
  • le fumeur expire, il s'agit du courant tertiaire ;
  • enfin, on parle de fumée tertiaire pour définir les microparticules restées en suspension dans l'air puis déposées dans les poussières sur les différentes surfaces, les cheveux et la peau, les meubles et textiles d'un intérieur, les murs.

Ces particules résistent à l'aération des locaux, s'accumulent et perdurent pendant des semaines, voire des mois. Cette fumée tertiaire est responsable du tabagisme dit « ultra-passif ».

Petit historique autour de la notion de fumée tertiaire

Si le terme de fumée tertiaire est apparu récemment, l'idée que la fumée se dépose sur les surfaces et les meubles des pièces où l'on fume a été évoquée pour la première fois en 1953 (Environmental Health Perspectives, 2011). Ce n'est pourtant qu'en 1991 que l'on a commencé à étudier les poussières pour y trouver de la nicotine. De nombreuses années passent encore avant que de nouvelles études arrivent aux même conclusions en 2004 puis 2008. Enfin, en 2009, Pediatrics publie une première étude sur les dangers de ce que l'on nomme « fumée tertiaire » depuis 2006 seulement.

Depuis cette première étude, d'autres ont suivi, notamment sur le modèle animal des souris. Elles ont conclu que cette fumée tertiaire présentait des dangers pour l'homme et qu'elle devait être étudiée plus précisément.

Risques induits par la fumée tertiaire

Résultats de la première étude

En 2009, les scientifiques ont montré que 65 % des non-fumeurs et 43 % des fumeurs seulement, étaient conscients que la fumée tertiaire pouvait être un danger pour les personnes vivant dans l'environnement de fumeurs et plus précisément pour les enfants.

Étude de 2014 sur le modèle animal

PlosOne publie une étude en 2014, sur le modèle des souris, mettant en avant les conclusions suivantes :

  • augmentation des risques de maladies du foie pouvant conduire à un cancer,
  • augmentation des risques de cancers,
  • augmentation des risques de maladies cardio-vasculaires,
  • augmentation des risques de fibroses, maladies pulmonaires inflammatoires,
  • retard de cicatrisation,
  • troubles du comportement comme l'hyperactivité.

Ainsi, les scientifiques montrent que la fumée qui reste accrochée aux meubles et aux tissus, est tout aussi dangereuse que le tabagisme passif. Elle se dégrade au fil du temps et devient de plus en plus toxique.

Cette fumée permet à plus de 250 métaux, substances chimiques et autres éléments toxiques (entre autres : arsenic, plomb, monoxyde de carbone, benzène, acide cyanhydrique...) de s'insinuer partout dans les intérieurs exposant ses habitants au danger. Par ailleurs, les gaz dégagés ou les microparticules interagissent avec les composés de l'air ambiant pour former de nouveaux composés, toxiques eux aussi pour certains.

De plus, les enfants sont plus fragiles face à cette fumée, notamment les tout-petits qui rampent et mettent leurs mains à la bouche.

Les différentes études réalisées sur les dangers de la fumée tertiaire montrent que ceux-ci sont bien réels. Ils appellent à être encore plus étudiés mais mettent en avant la nécessité d'arrêter de fumer à tout le moins dans les maisons ou les voitures. D'autant plus s'il y a des enfants qui y vivent puisqu'ils absorbent jusqu'à 20 fois plus de composés toxiques que les adultes. Il n'y a pas de niveau « sûr » à l'exposition à la fumée du tabac.

Pour approfondir le sujet :